Titre : Le Charron du Nouveau Monde
Un roman historique inspiré de faits réels, mêlant aventure, drame et humour.
Chapitre 1 – Un nouveau départ
Normandie, 1663
Le marteau de Simon Savart frappait le fer avec une régularité qui trahissait des années de pratique. Depuis l’aube, il forgeait des cercles de roue dans son modeste atelier de charron, perdu dans un village de Normandie. La fumée épaisse du foyer lui piquait les yeux, mais il n’avait pas le temps de se reposer. La dette contractée auprès du seigneur de Montreuil pesait lourdement sur ses épaules.
Un bruit de pas dans la cour de l’atelier le fit lever la tête. Un homme en riche habit se tenait sous l’encadrement de la porte, l’air satisfait et calculateur.
Simon Savart, mon bon ami, lança le seigneur de Montreuil d’une voix sucrée. Vous voilà bien affairé… Et pourtant, vos dettes ne diminuent guère.
Simon serra les dents et posa son marteau. Il savait où cette conversation menait.
Que voulez-vous, Monseigneur ?
Vous rendre service, bien entendu. J’ai un arrangement qui pourrait nous être mutuellement profitable.
Le noble s’approcha lentement, jouant avec le pommeau de sa canne.
La Nouvelle-France manque d’hommes de talent. Vous pourriez y faire fortune et éponger vos dettes par la même occasion. En échange, un petit service de votre part… Un détail, vraiment. Simon croisa les bras.— Et quel serait ce « détail » ? Le regard du Seigneur s’assombrit. Une simple missive à remettre à un certain individu à Québec. Rien de bien difficile. Et en échange, je vous offre la traversée.
Simon savait qu’il n’avait pas le choix. Refuser, c’était s’exposer à la ruine. Accepter, c’était s’aventurer dans l’inconnu. Après une longue inspiration, il tendit la main.
C’est d’accord. Le Seigneur sourit et lui donna une bourse contenant le prix du voyage.
Vous partez demain à l’aube. Bonne chance, mon cher Simon. La Nouvelle-France est pleine de promesses… et de dangers.
La nuit précédant l’embarquement L’auberge du port était bruyante et enfumée. Simon s’y était attablé, cherchant à calmer son anxiété dans une chope de cidre.
Autour de lui, marins et aventuriers racontaient leurs exploits, souvent exagérés.
Vous partez pour la Nouvelle-France, vous aussi ?
Simon leva les yeux et croisa le regard malicieux d’une jeune femme en cape sombre. Elle était belle, avec un air de défi dans le regard.
Qui demande ?
Madeleine de La Roque. Fille du Roi, si l’on en croit les registres. Mais je préfère dire que je suis une survivante.
Simon haussa un sourcil. Les Filles du Roi étaient envoyées en Nouvelle-France pour épouser les colons. Madeleine ne ressemblait pas à une femme docile.
Simon Savart, charron.
Un artisan, alors. Vous avez plus de chances que moi, là-bas. Elle s’assit à sa table et baissa la voix.
Écoutez-moi bien, Savart. Ne faites confiance à personne sur ce bateau. Il y a des affaires qui se trament, et certains ne veulent pas que vous arriviez à Québec.
Simon sentit un frisson lui parcourir l’échine. Pourquoi me dites-vous cela ? Elle haussa les épaules.
Appelez ça un pressentiment. Bonne chance, Charron. Madeleine se leva et disparut dans la foule. Simon resta pensif.
Son voyage s’annonçait plus compliqué que prévu.
Le lendemain, à l’aube, il embarquait sur le Galion d’Or, ignorant encore que ce navire allait changer son destin à jamais.
Chapitre 2 – Le Galion d’Or
En mer, 1663
Le Galion d’Or fendait les vagues, sa proue pointée vers l’horizon infini. À son bord, une centaine d’âmes – marins, soldats, colons et Filles du Roi – embarquaient pour une traversée périlleuse vers la Nouvelle-France. Le voyage promettait d’être long et semé d’embûches.
Simon Savart s’accouda au bastingage, observant l’écume qui se formait au passage du navire. Le goût du sel lui asséchait la gorge. Il n’avait jamais mis les pieds sur un bateau auparavant et il se sentait encore mal à l’aise sur ce plancher mouvant. Belle vue, n’est-ce pas ?
Il se retourna et vit Madeleine de La Roque à ses côtés. Sa cape sombre battait au vent, et une lueur amusée brillait dans ses yeux.
J’imagine que je finirai par m’y habituer, répondit-il. Espérons-le. Certains ne mettent jamais pied à terre… ils finissent par nourrir les poissons.
Elle ponctua sa phrase d’un sourire en coin, et Simon ne put s’empêcher de rire. Pourtant, une tension flottait autour d’eux, aussi insaisissable que la brume matinale. Depuis leur départ du Havre, il sentait des regards peser sur lui. Des marins chuchotaient à son passage, et un homme en particulier semblait l’observer avec insistance : un certain Gaspard Le Clerc, un gaillard à la mine patibulaire, portant une cicatrice qui lui barrait le front.
Les premières tensions
La vie à bord s’organisait tant bien que mal. Les marins s’activaient aux voiles et aux cordages, tandis que les passagers tentaient de s’habituer au roulis du navire.
Le capitaine Jambe de Bois, un vétéran de la marine royale, faisait respecter la discipline d’une main de fer. Son surnom venait d’une prothèse rudimentaire qu’il portait à la jambe droite, vestige d’un combat contre les Hollandais. Il ne tolérait aucun désordre.
À bord de mon navire, c’est moi qui commande, avait-il déclaré le premier jour. Toute infraction sera sévèrement punie. Et que cela soit bien clair : si vous tombez à la mer, personne ne viendra vous chercher. Simon comprit vite que la traversée ne serait pas de tout repos.
Une nuit, alors qu’il inspectait discrètement la cale, il surprit une conversation entre Gaspard Le Clerc et un autre homme.
Les deux hommes parlaient à voix basse, mais quelques mots lui parvinrent : … il ne doit pas arriver à Québec… s’il met son nez là où il ne faut pas,
on s’en débarrasse.
Simon sentit son sang se glacer. Était-ce lui dont ils parlaient ? Et pourquoi ?
Il se recula prudemment, mais fit grincer une planche sous son pied. Le silence tomba aussitôt derrière la cloison. Une ombre se détacha de l’obscurité.
Qui est là ?
Sans demander son reste, Simon rebroussa chemin aussi vite que possible, le cœur battant. Il devait découvrir ce qui se tramait à bord avant qu’il ne soit trop tard…
Chapitre 3 – L’Arrivée en Nouvelle-France
Québec, octobre 1663
Après des semaines en mer, le Galion d’Or franchit enfin l’embouchure du fleuve Saint-Laurent. Une brume matinale recouvrait l’eau,
rendant la silhouette de la ville indistincte, mais peu à peu, les passagers purent apercevoir les contours de Québec, nichée sur son promontoire rocheux.
Simon Savart, debout près du bastingage, sentit une bouffée d’émotion l’envahir. Il n’avait jamais rien vu de tel. Dominant le port,
le fort Saint-Louis semblait veiller sur la ville, tandis qu’au pied du cap, des maisons en bois et en pierre s’alignaient le long des rues boueuses.
À ses côtés, Madeleine de La Roque ajusta sa coiffe, le regard fixé sur la rive. Alors, charron, que ressens-tu à l’idée de poser pied sur cette terre inconnue ?
Simon inspira profondément. L’air était froid et chargé de l’odeur des conifères. Un mélange d’excitation et d’appréhension. Et toi ?
Elle haussa les épaules. Je suppose que tout commence ici. Pour le meilleur… ou pour le pire.
Un roulement de tambours interrompit leur échange. Sur le quai, des soldats en uniformes bleus attendaient, fusils à l’épaule. Un homme à l’allure noble s’avança :
Jean Talon, l’intendant du roi en Nouvelle-France.
Bienvenue à Québec ! lance-t-il d’une voix forte. Le roi Louis XIV vous envoie ici pour bâtir, cultiver et prospérer !
Les passagers descendirent du bateau sous les regards curieux des colons déjà installés. Des missionnaires en soutane, des marchands en habits modestes et des Amérindiens en tenue traditionnelle se mêlaient à la foule.
Une mission risquée
Tandis que Simon se préparait à récupérer ses affaires, une main ferme se posa sur son épaule. Il se retourna et fit face à Gaspard Le Clerc,
l’homme à la cicatrice. Suis-moi, ordonna-t-il d’un ton sec. Simon jeta un regard inquiet autour de lui mais obéit. Ils s’éloignèrent du port
pour rejoindre une petite ruelle où les bruits de la ville s’atténuaient. Écoute bien, Savart. Tu dois livrer le coffre que Montreuil t’a confié
à monsieur de Repentigny, au plus vite. Pas de questions, pas de retard. Compris ? Simon sentit son estomac se nouer. Et si je refuse ?
Le Clerc sortit discrètement une dague et la fit tourner entre ses doigts. Ce serait une grave erreur.
Simon avala sa salive. Il était désormais lié à une affaire dont il ignorait encore les dangers. Une rencontre inattendue
Après avoir quitté Le Clerc, Simon retrouva Madeleine près du marché de la place Royale. Elle observait une vieille femme en train de vendre du pain.
Tu sembles préoccupé, lui fit-elle remarquer. Simon hésita, puis décida de lui parler de sa mission. À sa grande surprise, elle ne parut pas choquée.
Un coffre mystérieux ? Avec un destinataire influent ? Ça sent les ennuis. Je le pense aussi, admit Simon. Mais que puis-je faire ?
Elle sourit légèrement. La première règle, c’est de savoir à qui tu as affaire. Repentigny est un noble bien en vue, mais il a des ennemis.
Avant de lui livrer quoi que ce soit, assure-toi que ce ne soit pas un piège. Simon la regarda avec admiration.
Tu es plus rusée que tu n’en as l’air. Et toi, charron, tu n’es pas aussi naïf que je le croyais.
Un sentiment nouveau s’installa entre eux. Dans cette terre inconnue, ils allaient devoir s’entraider pour survivre.
Mais la question restait : qu’y avait-il dans ce coffre, et pourquoi suscitait-il tant d’intérêt ? Leur aventure à Québec ne faisait que commencer…
Chapitre 4 – Les Ombres de Québec
Québec, octobre 1663
Les jours passèrent et Simon s’efforça de s’adapter à sa nouvelle vie. Les rues de Québec, bien que boueuses et animées, lui offraient un spectacle fascinant. Les cris des marchands, les rires des enfants et les chants des missionnaires résonnaient dans l’air frais. Pourtant, une ombre persistait au-dessus de lui, celle de Gaspard Le Clerc et de sa menace.
Un matin, alors qu’il se rendait au marché pour acheter des provisions, Simon croisa le chemin d’un homme en manteau sombre, qui l’observait avec insistance. L’homme s’approcha, et Simon reconnut le visage de monsieur de Repentigny, le destinataire du coffre.
Vous êtes Simon Savart, n’est-ce pas ? demanda-t-il d’une voix douce mais ferme. Simon hocha la tête, le cœur battant.
J’ai une mission pour vous, mais je crains que cela ne soit pas aussi simple que prévu. Repentigny jeta un regard furtif autour de lui, puis poursuivit.
Je suis au courant de votre arrivée et des intentions de Montreuil. Ce coffre… il pourrait contenir des informations sensibles. Vous devez être prudent.
Simon se sentit soudainement piégé entre deux feux. D’un côté, il avait la pression de Le Clerc, et de l’autre, celle de Repentigny.
Que dois-je faire ? demanda-t-il, la voix tremblante. D’abord, ne le livrez pas tout de suite. Apprenez-en davantage sur son contenu.
Je vous aiderai, mais vous devez me faire confiance.
Simon acquiesça, bien que l’incertitude le rongeât. Il savait qu’il devait agir rapidement, mais il ne pouvait pas se permettre de se tromper.
Les jours suivants, Simon se mit à enquêter discrètement sur le coffre. Il interrogea des marchands, écouta les rumeurs dans les tavernes et observa les allées et venues des personnes liées à Montreuil. Chaque information qu’il recueillait le rapprochait un peu plus de la vérité, mais la peur de Le Clerc le hantait toujours.
Un soir, alors qu’il rentrait chez lui, il remarqua une silhouette familière qui l’attendait à l’angle d’une rue. C’était Gaspard Le Clerc, son visage marqué par une expression de colère contenue. Je sais que vous avez le coffre, Simon. Ne jouez pas avec moi, ou vous le regretterez.
Simon sentit son cœur s’emballer. Il devait garder son calme. Je… je n’ai pas encore eu l’occasion de le livrer, répondit-il, feignant l’innocence.
Le Clerc s’approcha, son regard perçant semblant lire dans son âme. Vous feriez bien de ne pas me faire perdre mon temps.
Je ne suis pas un homme à prendre à la légère. Simon se détourna, le souffle court. Il savait qu’il devait agir vite. La nuit suivante,
il se rendit chez Repentigny, espérant trouver des réponses. Vous devez m’aider, dit-il, la voix tremblante. Le Clerc me menace.
Je ne peux pas lui remettre le coffre sans savoir ce qu’il contient. Repentigny l’écouta attentivement, puis hocha la tête.
Très bien. Nous allons ouvrir le coffre ensemble. Mais soyez prêt, Simon. Ce que nous allons découvrir pourrait changer le cours de votre vie.
Avec une détermination renouvelée, Simon se sentit prêt à affronter les ombres qui l’entouraient. Il savait que le chemin serait semé d’embûches, mais il était déterminé à percer le mystère du coffre et à se libérer de l’emprise de Le Clerc. Les vérités cachées de Québec n’attendaient que lui.
Chapitre 5 – Les alliances inattendues
Québec, novembre 1663
Les jours se transformèrent en semaines, et Simon s’efforça de naviguer dans ce monde complexe. Il commença à se lier d’amitié avec d’autres colons, apprenant les rudiments de la vie en Nouvelle-France. Mais son esprit restait préoccupé par le coffre et les menaces qui l’entouraient. Chaque matin, il se réveillait avec l’angoisse de découvrir que Gaspard Le Clerc avait mis la main sur son trésor.
Un soir, alors qu’il travaillait dans son atelier, il reçut la visite de Madeleine. Elle entra, le visage grave, mais avec une touche d’excitation dans les yeux.
J’ai entendu des rumeurs, Simon. Gaspard Leclerc ne plaisante pas. Il a des hommes à lui qui surveillent chaque mouvement que vous faites. Et, entre nous, il a même engagé un perroquet espion qui répète tout ce qu’il entend ! Simon se redressa, inquiet, mais ne put s’empêcher de sourire à l’idée d’un perroquet espion.
Que devrais-je faire ? Je ne peux pas rester ici indéfiniment.
Nous devons agir. Je connais un homme qui pourrait nous aider. Un ancien soldat qui a des contacts dans la ville. Il saura comment nous protéger.
Mais il a une drôle de manie : il ne parle qu’en rimes.Simon hésita, mais l’urgence de la situation l’emporta. D’accord, conduis-moi à lui.
Madeleine l’entraîna à travers les ruelles sombres de Québec, où les ombres dansaient sous la lumière vacillante des torches. Ils passèrent devant un groupe de colons en train de débattre de la meilleure recette de tourtière, et Simon ne put s’empêcher de penser que la vie continuait, même dans le chaos.
Finalement, ils arrivèrent à une taverne où l’odeur de bière et de tabac flottait dans l’air. À l’intérieur, un homme à l’allure robuste, avec une cicatrice sur la joue et un chapeau trop grand, les accueillit.
Je suis Henri, dit-il en leur tendant une chope. Que puis-je faire pour vous ?
Madeleine expliqua rapidement la situation, mais Henri, visiblement distrait par une mouche qui tournoyait autour de son nez, ne semblait pas vraiment attentif.
Vous avez besoin de protection, mais aussi d’informations. Je peux vous aider, mais cela aura un prix. Un prix en rimes, je le crains,
car c’est ainsi que je m’exprime, sans aucun frein !
Simon échangea un regard avec Madeleine, perplexe. Ils n’avaient pas le choix. Ils acceptèrent l’offre d’Henri, conscients que leur destin était désormais
entre ses mains. Très bien, dit Simon, que devons-nous faire pour vous payer ?
Henri sourit, dévoilant une dent en or qui brillait comme un soleil.
Pour chaque mot que vous me direz, une rime je ferai, et si vous me divertissez, votre prix sera réduit, c’est juré !
Madeleine, amusée par la situation, se mit à raconter une histoire loufoque sur un chat qui voulait devenir marin et qui avait tenté de naviguer sur un seau. Henri, ravi, se mit à rimer sur les mésaventures du chat, et bientôt, toute la taverne était en émoi, riant aux éclats.
Alors qu’ils plaisantaient, un homme à l’allure louche entra dans la taverne, ses yeux scrutant la pièce. Simon sentit son cœur s’emballer.
Était-ce un homme de Gaspard ?
Henri, toujours en rimes, remarqua l’intrus et s’écria :
Ne crains rien, ami, car ici nous sommes en fête, même si l’ombre d’un danger, parfois, nous guette !
Simon et Madeleine échangèrent un regard inquiet. Ils savaient que le temps pressait et que les alliances inattendues qu’ils formaient pourraient bien être leur seule chance de survie dans ce monde imprévisible.
Chapitre 6 – Les secrets du Coffre
Québec, décembre 1663
Les jours passèrent, et Simon, Madeleine et Henri se réunirent régulièrement pour discuter de leur plan.
L’atmosphère dans la petite pièce qu’ils avaient choisie pour leurs réunions était tendue, presque palpable.
Henri avait réussi à obtenir des informations sur le contenu du coffre. Il s’agissait de documents compromettants concernant des transactions
illégales entre Montreuil et des marchands de la métropole. Ces révélations pesaient lourdement sur les épaules de Simon, qui se sentait
de plus en plus acculé par la situation.
Si ces informations tombent entre de mauvaises mains, cela pourrait provoquer un véritable scandale, expliqua Henri,
son visage marqué par l’inquiétude. Montreuil ne laissera pas cela arriver sans réagir. Simon se leva, parcourant la pièce de long en large,
ses pensées tourbillonnant comme une tempête. Il savait qu’il devait agir rapidement, mais il avait aussi peur des conséquences.
La peur de Le Clerc, de ses hommes et de la colère de Montreuil le paralysait.
Que devrions-nous faire ? demanda-t-il, l’angoisse dans la voix, ses mains tremblant légèrement.
Nous devons remettre ces documents à Repentigny, mais pas avant d’avoir un plan pour nous protéger de Le Clerc, répondit Henri sur un ton grave.
Madeleine acquiesça, son regard déterminé. Nous devons créer une diversion. Pendant que Le Clerc sera occupé, nous pourrons livrer le coffre à Repentigny.
Simon hocha la tête, déterminé à mettre leur plan à exécution. Mais il savait que le danger était omniprésent. Les jours suivants,
ils mirent au point une stratégie audacieuse. Henri proposa d’organiser une fausse rixe dans la taverne, un événement qui attirerait l’attention de tous,
y compris celle de Le Clerc. Ils convinrent que Simon et Madeleine simuleraient une dispute bruyante, tandis qu’Henri se glisserait discrètement
pour livrer le coffre à Repentigny. Le soir de l’opération, l’air était chargé d’une tension électrique. Simon et Madeleine se préparèrent dans
une petite arrière-salle de la taverne, leurs cœurs battant à tout rompre. Tu es sûr de vouloir faire ça ? demanda Madeleine, ses yeux scrutant le visage de Simon.
Je n’ai pas le choix, répondit-il, la voix ferme. C’est notre seule chance. Alors qu’ils prenaient position, une ombre se dessina à l’entrée de la taverne.
C’était Gaspard Le Clerc, accompagné de deux de ses hommes. Simon sentit son estomac se nouer. Le moment était venu. Prêt ?
murmura Madeleine, son regard déterminé. Prêt, répondit Simon, bien que son cœur battait la chamade. Ils se mirent à crier,
feignant une dispute violente. Les clients de la taverne se retournèrent, intrigués par le tumulte. Les rires et les chants s’éteignirent peu à peu,
remplacés par des murmures d’excitation. Tu es un imbécile ! s’écria Simon, attirant l’attention de Le Clerc. Je ne peux plus supporter tes manigances !
Le Clerc, intrigué, s’approcha, ses yeux plissés par la méfiance. Qu’est-ce qui se passe ici ? demanda-t-il d’un ton autoritaire.
Rien qui te concerne, répondit Madeleine, feignant l’indifférence. Mais Simon savait que le temps pressait. Il jeta un coup d’œil furtif vers Henri,
qui se glissait discrètement vers la sortie. Soudain, un cri perça l’air. Un homme, visiblement ivre, tomba de sa chaise, provoquant un effet domino
qui fit tomber plusieurs autres clients. La confusion s’installa, et les clients se mirent à crier et à rire, créant un chaos parfait.
Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? rugit Le Clerc, furieux. Profitant de la distraction, Henri réussit à sortir du bâtiment avec le coffre,
mais au moment où il franchit la porte, il se heurta à un homme qui venait d’entrer. Le coffre tomba au sol, s’ouvrant dans un fracas assourdissant.
Les documents s’envolèrent dans les airs comme des feuilles mortes emportées par le vent. Non ! s’écria Simon, horrifié. Le Clerc,
réalisant ce qui se passait, se précipita vers Henri, ses yeux brillants de rage. Attrapez-le ! hurla-t-il à ses hommes. Dans un élan de désespoir,
Simon se jeta en avant, bousculant un client qui tenait une chope de bière. Le liquide éclaboussa Le Clerc, le rendant furieux. Vous allez le regretter,
Savart ! gronda-t-il, tandis qu’il essuyait son visage. Madeleine, voyant la situation dégénérer, se mit à crier pour attirer l’attention des autres clients.
Au secours ! Un voleur ! Un voleur ! Les clients, pris de panique, se mirent à courir dans toutes les directions, créant un véritable tumulte.
Simon profita de la confusion pour se glisser derrière Henri, qui tentait désespérément de rassembler les documents éparpillés. Vite, Henri ! cria Simon.
Mais Le Clerc était déjà sur eux, ses hommes à ses trousses. Vous ne vous en tirerez pas comme ça ! rugit-il, sa voix résonnant dans la taverne.
Dans un dernier effort, Simon attrapa le bras d’Henri et de Madeleine, et ensemble, ils se frayèrent un chemin à travers la foule en furie.
Ils sortirent enfin dans la rue, le cœur battant, mais Le Clerc et ses hommes étaient toujours à leurs trousses. Par ici ! cria Madeleine, désignant une ruelle étroite.
Ils s’engouffrèrent dans la ruelle, haletants, mais Simon savait que le danger n’était pas encore écarté. Ils devaient trouver un moyen de se cacher
et de protéger les secrets du coffre avant qu’il ne soit trop tard.
Chapitre 7 – La nuit des événements Québec,
janvier 1664
La nuit du plan arriva, enveloppant la ville d’un manteau de mystère et d’excitation. Simon, Madeleine et Henri se préparèrent avec soin,
chacun conscient de l'importance de cette soirée. Ils avaient décidé d’organiser une fête dans la taverne pour attirer l’attention de Le Clerc et de ses hommes.
Pendant ce temps, Simon se glisserait discrètement pour livrer le coffre à Repentigny, un acte qui pourrait changer le cours de leur destin.
La taverne était pleine de rires et de chants, l’atmosphère vibrante d’énergie. Les colons se mêlaient, profitant de la chaleur et de l’animation,
tandis que des musiciens jouaient des airs entraînants. Les verres s’entrechoquaient, et l’odeur de la viande rôtie flottait dans l’air, créant une ambiance festive.
Simon se tenait à l’écart, surveillant la porte, son cœur battant la chamade. Tout va bien ? demanda Madeleine, s’approchant de lui,
son sourire éclatant contrastant avec l’inquiétude dans ses yeux. Oui, mais je m’inquiète. Et si Le Clerc ne mordait pas à l’hameçon ?
répondit Simon, le regard fixé sur l’entrée. Fais-moi confiance. Il ne pourra pas résister à l’odeur de l’alcool et des rumeurs. Juste au moment où elle parlait,
la porte s’ouvrit avec fracas et Gaspard Le Clerc entra, suivi de quelques hommes, leur présence imposante faisant taire la musique un instant.
Simon sentit son cœur s’emballer. Le moment était venu. Le Clerc, avec son air de prédateur, balaya la pièce du regard, ses yeux se posant sur Simon.
Ce dernier, réalisant qu’il devait agir vite, se glissa hors de la taverne, le coffre sous le bras, et se dirigea vers le bureau de Repentigny.
La rue était sombre et silencieuse, mais il savait qu’il n’avait pas le choix. Alors qu’il avançait, une tempête de neige se leva,
les flocons tourbillonnant autour de lui comme des esprits en colère. Simon se fraya un chemin à travers la neige, ses pensées se bousculant.
Chaque pas semblait résonner comme un tambour dans le silence de la nuit. Soudain, un cri retentit derrière lui. C’était Madeleine, qui avait décidé de le suivre,
son visage déterminé illuminé par la lueur des lanternes. Simon ! Attends ! cria-t-elle, haletante. Il se retourna, inquiet.
Qu’est-ce que tu fais ici ? C’est trop dangereux ! Je ne te laisserai pas affronter cela seul, répondit-elle, le regard ardent. Ils continuèrent ensemble,
mais l’angoisse de Simon grandissait. Ils savaient que Le Clerc ne tarderait pas à les suivre. Arrivés devant le bureau de Repentigny,
ils trouvèrent la porte fermée à clé. Simon frappa avec impatience, son cœur battant à tout rompre. Ouvre ! s’écria-t-il. C’est urgent !
Après quelques instants qui semblèrent une éternité, la porte s’ouvrit lentement, révélant Repentigny, l’air inquiet. Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il,
scrutant la rue derrière eux. Nous avons des informations cruciales sur Montreuil, mais nous devons agir vite ! répondit Simon, haletant.
À ce moment-là, un bruit de pas résonna dans la neige. Le Clerc et ses hommes approchaient, leurs silhouettes se découpant dans la nuit.
Vite, entrez ! ordonna Repentigny, les tirant à l’intérieur. À peine avaient-ils franchi le seuil que Le Clerc se mit à frapper à la porte,
sa voix grondante résonnant comme un orage. Ouvrez, Savart ! Je sais que vous êtes là ! Simon, le cœur battant, se tourna vers Repentigny.
Que faisons-nous ? Nous devons cacher le coffre, répondit Repentigny, son regard se posant sur une armoire en bois massif.
En un éclair, ils poussèrent l’armoire pour dissimuler le coffre derrière elle. Le bruit des coups à la porte s’intensifiait, et Simon pouvait sentir la tension dans l’air.
Préparez-vous, murmura Repentigny. Si nous devons nous battre, nous le ferons ensemble. Le Clerc, impatient, finit par défoncer la porte
avec un coup de pied puissant. La porte vola en éclats et il entra, suivi de ses hommes, l’air menaçant. Je savais que vous étiez ici, Savart ! rugit-il,
ses yeux lançant des éclairs. Vous ne trouverez rien ici, répondit Simon, tentant de masquer sa peur. Le Clerc éclata de rire, un son froid et cruel.
Vous pensez vraiment pouvoir me duper ? À ce moment-là, Madeleine, d’un geste audacieux, se précipita vers une fenêtre et tira les rideaux,
révélant la lumière de la lune qui inondait la pièce. Regardez ! cria-t-elle. La vérité est là, à la lumière de la lune ! Le Clerc,
surpris par cette audace, se retourna juste à temps pour voir Simon et Repentigny se préparer à l’affrontement. Vous n’avez aucune idée de ce qui vous attend,
Le Clerc, déclara Repentigny, sa voix ferme. Une bataille éclata alors dans le bureau. Les hommes de Le Clerc se jetèrent sur Simon et Repentigny,
tandis que Madeleine, avec une bravoure inattendue, se saisit d’un chandelier et frappa l’un des hommes au visage. Le combat était épique,
les coups résonnant comme des tambours de guerre. Simon se battait avec une détermination nouvelle, chaque coup qu’il portait étant alimenté
par la peur et l’adrénaline. Finalement, dans un élan de désespoir, Simon réussit à se frayer un chemin jusqu’à l’armoire, où le coffre était caché.
Il l’ouvrit, révélant les documents compromettants. Voici la preuve de vos crimes, Le Clerc ! s’écria-t-il, brandissant les papiers au-dessus de sa tête.
Le Clerc, réalisant qu’il était acculé, recula, son visage blême. Vous ne pouvez pas faire ça ! rugit-il, mais Simon savait qu’il avait désormais l’avantage.
la nuit était loin d’être terminée.
Chapitre 8 -La Confrontation
Québec, janvier 1664
La tension dans la pièce était palpable. Les hommes de Gaspard Le Clerc, bien que surpris par la tournure des événements, se regroupaient autour de leur chef,
prêts à défendre leur maître. Simon, le cœur battant, savait qu'il devait agir rapidement. Les documents qu'il tenait en main étaient la clé de leur survie,
mais il devait aussi protéger ses amis. Vous pensez vraiment que vous pouvez vous en tirer comme ça ? rugit Le Clerc, sa voix résonnant dans la pièce
comme un coup de tonnerre. Vous ne savez pas à qui vous avez affaire !
Simon, serrant les papiers dans sa main, se tourna vers Repentigny. Que devons-nous faire ? demanda-t-il, l'angoisse dans la voix.
Repentigny, son regard déterminé, répondit : Nous devons les distraire. Si nous pouvons gagner du temps, nous pourrons peut-être nous échapper.
Madeleine, toujours prête à agir, s'avança. Je peux créer une diversion. Si je fais du bruit à l'extérieur, cela pourrait les distraire suffisamment
pour que vous puissiez sortir. Simon hésita, mais il savait qu'ils n'avaient pas d'autre choix. D'accord, mais fais attention, Madeleine.
Elle hocha la tête, puis se dirigea vers la porte, prête à mettre son plan à exécution. Préparez-vous, murmura Repentigny.
Nous devons être prêts à agir dès que le moment se présentera. Madeleine sortit, et un instant plus tard, un cri perça l'air. Au secours ! Au voleur !
Les hommes de Le Clerc se retournèrent, surpris par le tumulte à l'extérieur.
Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? s'écria l'un d'eux, tandis que Le Clerc, furieux, se dirigeait vers la porte.
Profitant de la distraction, Simon et Repentigny se glissèrent derrière l'armoire, le coffre toujours caché. Vite, murmura Simon.
Nous devons nous préparer à partir. Le Clerc, réalisant qu'il avait été dupé, se mit à hurler. Ne la laissez pas s'échapper ! Attrapez-la !
Les hommes de Le Clerc se précipitèrent vers la sortie, laissant Simon et Repentigny un moment de répit. C'est notre chance, dit Simon.
Nous devons sortir maintenant ! Ils se faufilèrent hors de la pièce, mais au moment où ils atteignaient le couloir, ils tombèrent nez à nez
ils parvinrent à maîtriser l'homme, mais le bruit avait attiré l'attention des autres. Vite, par ici ! cria Repentigny, désignant une porte de service.
Ils s'engouffrèrent à l'intérieur, mais ils savaient que le temps était compté. Les cris de Le Clerc résonnaient dans le bâtiment, et ils pouvaient entendre
les pas précipités de ses hommes qui les cherchaient.
Chapitre 9 – La Fuite
Dans la ruelle sombre, la neige tombait doucement, recouvrant le sol d'un manteau blanc. Simon et Repentigny, se faufilèrent à travers les ombres,
cherchant un moyen de quitter la ville sans être repérés. Nous devons nous rendre au port, murmura Simon. Si nous pouvons atteindre un bateau,
nous pourrions quitter Québec avant qu'ils ne nous trouvent. Repentigny acquiesça, mais son visage trahissait une inquiétude croissante.
Et Madeleine ? Nous ne pouvons pas la laisser derrière nous. Juste à ce moment-là, un cri retentit au loin. C'était Madeleine, qui courait vers eux,
le visage marqué par l'adrénaline. Simon ! Repentigny ! Par ici ! Elle les rejoignit, essoufflée mais déterminée.
J'ai réussi à les distraire, mais ils ne vont pas tarder à revenir. Nous devons partir maintenant !
Ils se mirent en route, courant à travers les ruelles étroites, évitant les patrouilles de Le Clerc. La ville, bien que vibrante de vie pendant la journée,
semblait maintenant être un labyrinthe de dangers. Arrivés au port, ils virent plusieurs bateaux amarrés, mais l'un d'eux, un petit voilier,
semblait être leur meilleure option. Là-bas ! s'écria Simon, pointant du doigt le bateau.
Ils se précipitèrent vers le voilier, mais au moment où ils atteignaient le quai, une silhouette familière émergea de l'ombre.
C'était Gaspard Le Clerc, accompagné de ses hommes. Vous pensiez vraiment pouvoir vous échapper ? rugit-il, un sourire cruel sur les lèvres.
Simon, le cœur battant, se tourna vers ses amis. Nous devons nous battre !
Madeleine, avec une détermination farouche, se saisit d'une barre de fer qui traînait sur le quai. Je ne laisserai pas cet homme nous arrêter !
Le Clerc, voyant leur détermination, éclata de rire. Vous êtes des fous ! Vous ne pouvez pas gagner contre moi !
Mais Simon, galvanisé par la peur et l'adrénaline, se jeta sur Le Clerc, tandis que Madeleine et Repentigny s'occupaient des hommes qui l'accompagnaient.
La bataille qui s'ensuivit était chaotique. Les coups pleuvaient, les cris résonnaient, et la neige se teintait de rouge. Simon se battait avec une rage nouvelle, chaque coup qu'il portait étant alimenté par la peur de perdre tout ce qu'il avait. Finalement, dans un élan de bravoure, Simon réussit à désarmer Le Clerc,
le faisant tomber au sol. C'est fini, Le Clerc ! s'écria-t-il, haletant. Le Clerc, acculé, leva les mains en signe de reddition.
Très bien, Savart. Mais sache que ce n'est pas fini. Je reviendrai. Simon, le cœur battant, se tourna vers ses amis. Nous devons partir maintenant !
Ils montèrent à bord du voilier, et Simon, avec une détermination renouvelée, leva les voiles. Le vent soufflait dans les voiles, et le bateau s'éloigna du port, laissant derrière lui les dangers de Québec.
Chapitre 10 – Un départ pour Trois rivières
En mer, janvier 1664
Alors qu'ils naviguaient sur les eaux tumultueuses du fleuve Saint-Laurent, Simon, Madeleine et Repentigny prenaient un moment pour reprendre leur souffle.
Le voilier, bien que modeste, fendait les vagues avec une détermination nouvelle, emportant avec lui les secrets et les dangers de Québec.
Nous l'avons fait, murmura Madeleine, un sourire fatigué mais victorieux sur le visage. Nous avons échappé à Le Clerc.
Simon hocha la tête, mais une ombre de préoccupation persistait dans son esprit. Oui, mais pour combien de temps ?
Le Clerc ne laissera pas tomber cette affaire si facilement. Il a des contacts, des alliés.
Repentigny, qui observait l'horizon, se tourna vers Simon. Nous avons le temps de réfléchir à notre prochaine étape.
Ce coffre contient des informations qui pourraient changer la donne ici, en Nouvelle-France. Nous devons nous assurer qu'elles ne tombent pas
entre de mauvaises mains. Simon acquiesça, conscient de l'importance de leur mission. Que devrions-nous faire ensuite ? demanda-t-il.
Nous devons nous rendre à Trois-Rivières, expliqua Repentigny. C'est là que se trouve le gouverneur, et il doit être informé de ce qui se trame.
Madeleine, toujours pragmatique, ajouta : Et nous devons nous assurer que Le Clerc ne puisse pas nous suivre. Nous devrions changer de bateau
et de route à chaque escale.
Le trio se mit alors à élaborer un plan. Ils naviguèrent pendant plusieurs jours, se relayant à la barre et surveillant les cieux pour éviter d'éventuels navires ennemis.
Les nuits étaient froides, mais la camaraderie qui s'était installée entre eux réchauffait leurs cœurs.
Chapitre 11 – La Révélation
Trois-Rivières, janvier 1664
Après une traversée éprouvante, ils atteignirent enfin Trois-Rivières. Le port était animé, et l'air était chargé de l'odeur du bois et du poisson. Ils accostèrent discrètement, se mêlant à la foule pour éviter d'attirer l'attention. Nous devons nous rendre directement au gouverneur, déclara Repentigny,
son regard déterminé. Ils se dirigèrent vers le bâtiment du gouvernement, où ils furent accueillis par un garde.
Que voulez-vous ? demanda-t-il, méfiant. Repentigny s'avança, sa voix ferme. Nous avons des informations cruciales concernant des transactions
illégales impliquant Montreuil et Gaspard Le Clerc. Il est impératif que le gouverneur soit informé immédiatement.
Le garde, intrigué, les fit entrer. Ils furent conduits dans une salle où le gouverneur, un homme d'âge mûr avec une barbe grisonnante, les attendait.
Que se passe-t-il ? demanda-t-il, l'air sérieux. Simon prit une profonde inspiration et expliqua la situation, révélant le contenu du coffre et les dangers
que représentait Le Clerc. Le gouverneur, écoutant attentivement, hocha la tête. C'est grave. Si ce que vous dites est vrai, cela pourrait avoir
des répercussions sur toute la colonie. Il se tourna vers ses conseillers, murmurant des ordres. Nous devons agir rapidement.
Je vais envoyer des hommes pour appréhender Le Clerc et ses complices. Simon, soulagé, se tourna vers ses amis. Nous avons fait ce qu'il fallait.
Chapitre 12 – L'Affrontement Final
Québec, février 1664
Quelques jours plus tard, une expédition fut lancée pour capturer Le Clerc. Simon, Madeleine et Repentigny se retrouvèrent à nouveau à Québec,
cette fois en tant qu'alliés du gouverneur.
Le plan était simple : ils devaient tendre un piège à Le Clerc, l'attirant dans une taverne où il serait entouré par les soldats du gouverneur.
Il ne se doute de rien, murmura Madeleine, un sourire malicieux sur les lèvres.
Le soir venu, la taverne était pleine de vie. Les rires et les chants résonnaient, et Simon, caché dans un coin, attendait avec impatience.
Soudain, la porte s'ouvrit, et Gaspard Le Clerc entra, l'air arrogant. Il ne se doutait pas qu'il était sur le point de tomber dans un piège.
Une chope de bière pour moi ! cria-t-il, attirant l'attention des clients. À ce moment-là, les soldats du gouverneur surgirent de l'ombre, encerclant Le Clerc.
Gaspard Le Clerc, vous êtes en état d'arrestation pour corruption et complot contre la couronne ! Le Clerc, réalisant qu'il avait été dupé,
tenta de s'échapper, mais les soldats étaient déjà sur lui. Vous ne pouvez pas faire ça ! hurla-t-il, mais ses cris furent étouffés par le tumulte de la taverne.
Simon, observant la scène, sentit un mélange de soulagement et de satisfaction.
Chapitre 13 – Une nouvelle vie
Québec, mars 1664
Avec l'arrestation de Le Clerc, la vie à Québec commença à retrouver son cours normal. Les rumeurs de corruption se dissipèrent, et Simon,
Madeleine et Repentigny furent salués comme des héros. Vous avez fait preuve d'un grand courage, dit le gouverneur lors d'une cérémonie en leur honneur.
Grâce à vous, la Nouvelle-France est un peu plus sûre aujourd'hui. Simon, bien que flatté, savait que leur aventure n'était pas encore terminée.
Que va-t-il advenir de nous maintenant ? demanda-t-il, regardant Madeleine. Elle sourit, son regard pétillant d'espoir.
Je pense que nous avons tous les deux un avenir ici, Simon. La Nouvelle-France a besoin d'artisans comme toi, et moi, je suis prête à relever de nouveaux défis.
Repentigny, souriant, ajouta : Et moi, je vais m'assurer que ces documents soient utilisés pour renforcer notre colonie.
Simon se sentit soudainement léger. Il avait quitté la Normandie avec des dettes et des incertitudes, mais il avait trouvé des amis,
une cause et un nouveau départ. Alors, qu'attendons-nous ? s'exclama-t-il, le sourire aux lèvres.
Ils levèrent leurs verres en un toast, célébrant non seulement leur victoire, mais aussi les promesses d'un avenir radieux en Nouvelle-France.
Et ainsi, Simon Savart, le charron du Nouveau Monde, commença une nouvelle vie
fin